UN AMBASSADEUR DES ÉNERGIES RENOUVELABLES



Le public s'enthousiasme pour de grandes aventures, à s'associer aux rêves des pionniers et explorateurs. Solar Impulse désire mobiliser cet élan en faveur des technologies qui rendront possible le développement durable, générer des émotions positives autour des énergies renouvelables. Il faut attirer l'attention du public sur les changements indispensables pour assurer l'avenir énergétique et écologique de notre planète, donner une image positive et stimulante de la protection de l'environnement, montrer que des sources d'énergie alternatives, alliées à de nouvelles technologies, peuvent permettre des réalisations à priori impossibles.

Le problème de notre société est que, malgré les grands discours sur le développement durable, nous sommes loin d'être entrés dans une logique de durabilité. Notre monde consomme toutes les heures environ un million de tonnes de pétrole, sans parler des autres énergies fossiles, recrache dans l'atmosphère des émissions polluantes suffisantes pour perturber le climat, et laisse la moitié de la population stagner dans des conditions de vie inacceptables.

Il semble bien que si le développement durable peine à devenir une réalité concrète, c'est qu'il est encore, le plus souvent, associé à des dépenses rédhibitoires et à une restriction de confort ou de mobilité. C'est cette idée qu'il faut corriger. En effet, même si son comportement risque de détruire la planète, personne n'est prêt à sacrifier son niveau de vie. Nos petits-enfants termineront sans doute leur vie sans pétrole, ils nous appelleront alors les «pilleurs de matières premières», mais, comme êtres humains, nous sommes en général d'avantage motivé par notre intérêt personnel à court terme que par une compassion à long terme pour nos semblables ou notre environnement.

Puisqu'on ne peut pas changer le caractère de l'être humain, efforçons-nous de composer avec son fonctionnement. Essayons de lui donner un intérêt personnel à entrer dans une logique de développement durable. Prouvons qu'il s'agit-là d'un nouveau et formidable marché avec de multiples débouchés économiques et politiques, pour ceux qui auront su y investir à temps. Démontrons les intérêts scientifiques, favorisons l'esprit de pionnier, mettons en valeur une nouvelle mode, dans le sens positif du terme, qui permettra aux utilisateurs d'énergies renouvelables d'être considérés avec admiration. N'essayons pas de forcer la population à entrer malgré elle dans le chemin tracé par Rio ou Kyoto, mais mettons en avant ceux qui inventent ou utilisent de nouvelles technologies respectueuses de l'environnement. Il pourrait ainsi devenir rapidement démodé, même mal vu, de consommer trop d'essence, de chauffer ou refroidir inutilement des lieux privés ou publiques, de consommer des produits non recyclables.

Il a manqué jusqu'à maintenant aux énergies renouvelables, souvent prisonnières de partis politiques minoritaires, une véritable dynamique de promotion, de marketing. . Les écologistes ne pourront faire entendre leur voix que s'ils parlent le même langage que ceux qu'ils veulent convaincre. Il est maintenant urgent de sortir du clivage qui n'a mené nulle part depuis 40 ans, pour allier enfin écologie et économie, environnement et finance, vision générale et intérêt politique immédiat.

L'expression «développement durable» est apparue de manière officielle en 1987, dans le rapport «Our common future» de la Commission des Nations Unies sur l'environnement et le développement. Un rapport rédigé par Madame Gro Harlem Brundtland, alors Premier ministre de la Norvège. Ce travail conclut à la nécessité de trouver rapidement une relation équilibrée entre l'économie, l'écologie et la responsabilité sociale.